Semaine européenne de l’emploi

des personnes handicapées 2017

Saison 3

Ces deux dernières années, Cèdre a pris l’initiative de vous rapprocher de ceux qui, chaque jour, collectent et trient vos déchets de bureau, avec un objectif de qualité et de performance environnementale. Nous renouvelons en 2017 car en tant qu’entreprise adaptée, nous nous distinguons aussi par notre vocation sociale. En effet, 85% de notre effectif de production est constitué de personnes handicapées. Comment ressentent-ils leur travail ? Quel est leur handicap ? Comment le surmontent-ils ? de quoi rêvent-ils pour leur avenir ?

Cinq nouveaux collaborateurs vont se livrer à vous cette semaine et profitez en pour retrouver les portraits des années précédentes. Nous sommes fiers et reconnaissants de chacun. Ils témoignent qu’un handicap n’est pas toujours celui auquel on s’attendrait. Que le handicap n’est pas antinomique d’une grande motivation, de bien-être, de courage et d’ambitions…

Bonne découverte !

Philippe

Philippe, 46 ans, chez Cèdre depuis 4 ans.
J’ai connu Cèdre au CAP emploi 95. Je suis actuellement aide-comptable. J’ai un parcours atypique ! J’ai travaillé dans la communication, une mairie, dans le commerce…Et à 40 ans, j’ai repris une formation de technicien comptable spécialisation paie (Bac professionnel). Puis j’ai rencontré Cèdre, et dès le départ, j’ai eu un vrai feeling avec cette entreprise.

Quel est mon handicap ? il est invisible ! je suis bipolaire sous traitement médicamenteux lourd. Pour un employeur en général, la bipolarité, ça fait peur… ! Quand j’ai eu mon entretien d’embauche chez Cèdre, j’ai expliqué mon handicap et cela n’a posé aucun problème. Seules mes compétences ont été analysées. Avant, je souffrais au fond de moi, c’était difficile. Grâce à Cèdre, je me sens épanoui car j’ai des responsabilités que je n’avais pas.
L’important pour moi au global ?  C’est de profiter à fond, d’être fier de ce que l’on fait. Se sentir bien avec sa famille, ses amis et vivre ses passions à fond. Moi, je suis un collectionneur de livres, j’aime énormément cela !
Avec Cèdre, je dois vous révéler aussi…que j’y ai trouvé l’amour, j’ai rencontré ma femme ici… Je ne quitterai Cèdre pour rien au monde !

Maguy

Maguy, 31 ans, chez Cèdre depuis 2 mois.
Je suis chef d’équipe chauffeurs, c’est ma première expérience dans une « entreprise verte », spécialisée dans le tri et le recyclage.

Quand j’ai découvert Cèdre, j’étais en poste, superviseur depuis 9 ans… mais je cherchais du travail. J’ai trouvé une annonce pour intégrer Cèdre sur Pôle Emploi. Et maintenant je suis là.

Moi, je ne suis pas en situation de handicap. Mais je peux vous dire que travailler ici, c’est vraiment enrichissant ! C’est vrai, c’est différent d’une société où il n’y a pas de personnes handicapées. Ici, on communique beaucoup. Dans les grandes entreprises, finalement, on fait moins attention aux gens. C’est quand même paradoxal, non ? Je sens vraiment la différence. La direction est très présente, très à l’écoute. Je n’avais pas cela avant !

Chez Cèdre, en plus, il y a de vraies perspectives d’évolution, il y a des belles choses à faire. Alors, c’est vrai, le boulot c’est du boulot, mais chez Cèdre, c’est l’humain qui est au cœur de tout. Et ça, je ne l’ai jamais trouvé auparavant.

Mehdi

Mehdi, 31 ans, chez Cèdre depuis 6 ans.
Je suis arrivé en 2011 en tant que chauffeur poids lourd, j’ai bien évolué en 6 ans. Au travers des 3 sites, je suis passé responsable de quai, ensuite responsable chauffeurs et maintenant responsable de site. Je connais tous les métiers chez Cèdre !

Mon handicap ? dans une entreprise d’électroménager, je me suis gravement blessé en portant des charges lourdes. Une hernie discale et une sciatique m’ont handicapé. Mais ces blessures ne sont pas venues à bout de ma détermination : je voulais travailler !

J’ai donc passé mon permis poids lourds et intégré Cèdre. Chez Cèdre, il y a une vraie solidarité. Il n’a pas de différences en fonction du handicap, tout le monde est ensemble. Pour moi le handicap est quasi invisible, si on n’en parle pas, cela ne se voit pas. Il faut embaucher des personnes en situation d’handicap car les travailleurs handicapés fournissent un travail quasi identique à celui d’une personne valide.

Toutes les entreprises pourraient embaucher ces personnes, cela nécessite un minimum d’adaptation et de la confiance. A force d’être stigmatisé, certaines personnes en situation de handicap ne se font plus confiance. Je les accompagne et les pousse toujours vers le haut.
Dans le futur, je me verrai bien être directeur général (rire). Quoiqu’il en soit, je souhaite finir ma carrière chez Cèdre. Le travail c’est très important, j’ai commencé tout en bas de l’échelle, j’ai des enfants, je me suis marié, j’ai une maison. C’est que du bonheur ! Tant que Cèdre existe, je resterai chez Cèdre.

Olivier

Olivier, 34 ans, chez Cèdre depuis près d’1 an et demi.
Je faisais des recherches pour trouver un emploi sur Internet et je suis tombé sur la société Cèdre. Je suis chauffeur polyvalent. J’ai fait de tout avant. Je n’arrivais pas à trouver ma voie. CAP cuisine, vente, nettoyage, … Et avec Cèdre j’ai trouvé MON entreprise ! Pourquoi ? on est autonome, on nous fait confiance et j’ai des responsabilités.

Mon handicap ? je suis super-actif / hyperactif. Je l’ai su seulement il y 3 ans. Cela m’a posé beaucoup de problèmes dans ma vie. Mon entourage ne comprenait pas pourquoi j’étais ainsi, et moi non plus. Ici, je suis compris. Le dialogue est ouvert, je peux échanger avec mes supérieurs quand j’en ai besoin, et bien sûr avec tous mes collègues. Aussi, je suis impressionné par certaines personnes chez Cèdre, avec un handicap moteur, elles font les mêmes taches que les personnes valides. Cela prouve que nous sommes tous capables d’exercer les mêmes missions.

Les personnes handicapées aiguisent leurs sens et sont parfois plus « efficaces » que des personnes valides. Je trouve cela formidable. Quand je suis arrivé à Cèdre, c’était pour moi une vraie évolution personnelle, je souhaitais montrer à ma famille, à tout le monde, que les personnes en situation d’handicap ont une place dans la société. Et bien, c’est réussi !

Anasse

Anasse, 33 ans, chez Cèdre depuis 1 an.
Un ami m’a parlé de Cèdre, j’ai envoyé un CV et j’ai eu un entretien. J’ai été recruté pour travailler à Buc, en tant que chauffeur véhicule léger.

Je travaillais auparavant dans un aéroport. J’y avais postulé sans dire que j’étais sourd. J’ai été pris immédiatement. Et tout a vraiment bien marché pour moi. Sauf que communiquer, c’était impossible, tout passait par l’écrit et cela prenait beaucoup de temps. Il y avait 600 employés et que moi, comme sourd et muet. C’est dur d’être dans une entreprise d’entendants. Un peu seul au monde, vous voyez ?

Alors que chez Cèdre, c’est génial ! déjà, il y a d’autres sourds, on peut échanger avec notre langage des signes. Mais il n’y a pas que cela ! On est très bien encadré. On peut s’exprimer. L’entreprise fait appel à un interprète quand j’ai besoin de discuter avec des collègues entendants. Un interprète est d’ailleurs présent à chaque réunion. Il y a aussi des téléphones portables à disposition permettant d’envoyer des SMS. On ne manque jamais d’informations grâce à l’affichage. Je me sens à égalité avec tout le monde.

Avec Cèdre en plus, j’ai un grand équilibre professionnel et familial. D’un côté, j’ai de l’ambition : celle de passer la formation poids lourd ! De l’autre, je suis heureux : j’ai deux enfants (sourds), ma femme est enceinte de notre 3ème enfant…et je peux avoir mes après-midis pour m’occuper de ma petite famille.

C’est incroyable, je n’aurais jamais pu avoir ce cadre dans une entreprise traditionnelle !

Mohamed

J’ai 34 ans. Je suis entré chez Cèdre il y a 1 an et demi. Je suis sourd de naissance. Avant, j’étais balayeur sur les Champs Elysées. Un jour, un ami m’a parlé de Cèdre. Et ça a changé tout pour moi. Ici, chacun fait des efforts. On est intégré. Les directeurs sont sympathiques.

Ici, il y a du respect dans les yeux. Ce n’est pas parce qu’on est sourd, que l’on a pas besoin de communication, de dialogue.

On se sent dans une situation d’égalité, il n’y a jamais de discriminations. On peut progresser. Moi j’aimerai bien par exemple assister le responsable des commandes. Et puis donner de l’expérience aux autres après. Et en plus, on sait qu’on travaille pour l’environnement, c’est positif. Tous ensemble.

Ce qui est important pour moi ? le travail, la vie, les enfants, le foot. Des choses simples. Comme beaucoup de gens, non ?

Maxime

Grâce à Cap Emploi, je suis arrivé chez Cèdre en mars 2015. Je suis trieur. Et sourd. Avant, j’avais travaillé à la Poste, à l’hôtel Ibis, j’ai été cuisinier aussi. J’ai 41 ans.

Chez Cèdre, j’avoue que j’ai été un peu surpris : la communication est facile avec les entendants. Dans mes autres travails, on ne comprenait pas nos chefs, on avait l’impression aussi que nos collègues avaient un peu peur.  Imaginez vous être le seul entendant et que tous les autres soient sourds : vous vous sentiriez exclu, différent si personne ne faisait comme si « c’était normal ».

Ici, on se comprend bien, il y a de l’entraide, de la communication. Je vois l’avenir en positif, j’espère que ça va continuer à marcher, que je vais rester ici jusqu’à ma retraite !

Ce que j’aimerai faire : créer une équipe, devenir chef. Et que mes 3 enfants soient heureux, et aussi voyager… dans le monde entier.

Carlos

Je suis arrivé chez Cèdre il y a 3 ans et j’occupe la fonction de trieur / destructeur (de papier bien entendu !). Je suis devenu une personne en situation de handicap car dans mon ancien travail, j’ai eu à porter des choses trop lourdes. Cela a fini avec une hernie discale. J’en profite pour faire passer le message à tous : mieux vaut prévenir que guérir !

Ça va mieux maintenant. A 53 ans, je me lève chaque matin, cela me fait plaisir, je me dis que j’ai un travail. Le travail, ça rend « bien dans sa peau », vous savez ça, sûrement. Notre entreprise donne une chance aux gens qui veulent travailler. Moi avant je ne savais pas ce que c’était le handicap. Oui c’est possible de tous bien travailler, handicapés ou non.

Et puis chez Cèdre, notre fonction de tri est essentielle à toutes les entreprises. D’ailleurs, je voudrais dire à tous qu’il faut faire attention à ses déchets. Parfois, on retrouve des morceaux de verre dans le papier ! heureusement, on est sécurisé, nous portons des gants !

Mostefa

Je suis entré chez Cèdre en juillet 2015, grâce au bouche à oreille. A ma grande surprise, j’ai obtenu le 1er CDI de ma vie ! Mon métier d’avant, c’était la logistique. A cause de ma phlébite de naissance, je n’ai jamais réussi à réaliser mes rêves : devenir pâtissier ! en effet, il fallait rester trop debout…

Mon métier ici c’est chauffeur, et on fait les tournées à deux, on a plus de repos, c’est bien adapté. Mon travail, cela m’a donné de la stabilité. Aujourd’hui je travaille et je représente mon handicap. Je ne me cache pas. Moi je dis, le handicap c’est dans la tête. Ma philosophie : il faut vivre bien, au jour le jour. On ne peut pas tout programmer à l’avance.

Mais qui sait, peut-être un jour ouvrirai-je ma boulangerie pâtisserie ?

Coumar

Je suis rentré dans l’entreprise Cèdre en 2008, un an après sa création. On était alors à Montreuil. Je fais partie des anciens. Avant, j’ai été magasinier manutentionnaire, un travail très difficile et j’ai eu des accidents du travail. Je suis resté plusieurs mois à l’hôpital. Mes vertèbres ont été très abimées. Alors, je suis resté 4 ans au chômage. Heureusement, un jour, les services sociaux m’ont proposé un travail chez Cèdre.

Malgré tout ce qui m’est arrivé, je m’estime chanceux. J’ai maintenant un travail lié à la destruction confidentielle des documents, qui est ‘modéré’ pour mon handicap et par rapport à ce que je faisais avant. Je ne porte plus de choses lourdes, j’ai des outils pour m’aider, comme les palettes.

Mon corps va mieux. Mais c’est aussi psychologiquement, que je me sens bien : je travaille, ça change ma vie, je me sens responsable, j’ai un rôle dans cette entreprise. ça me rend fier pour ma femme et mes trois enfants.

Belkacem

Je suis rentré chez Cèdre en août 2014, cela fait 21 ans que je travaille. Avant, j’ai été chauffeur livreur, téléopérateur, agent de mairie aussi, et même militaire en Algérie !

Mon handicap est dû à des accidents de travail, j’ai été opéré plusieurs fois et maintenant j’ai surtout des problèmes dorsaux et aux côtes. Mon handicap n’est pas visible, j’ai quelque part de la chance….

Aujourd’hui, dans mon travail de chauffeur livreur, je me sens responsable : je collecte des documents pour leur destruction confidentielle. Je sais que les clients m’accordent leur confiance car pour eux, c’est essentiel. La confiance, c’est aussi celle de mes patrons. En cela, je suis une personne ‘normale’.

Ici, ce qui me fait plaisir, c’est de voir que notre entreprise se développe et progresse, avec des personnes qui ont des handicaps divers. J’ai appris à découvrir un langage différent avec mes collègues sourds et muets. Mais dans le travail, nous ne sommes pas différents. Nous avons tous à cœur de bien faire, et même plus, nous nous sentons comme une famille.

Julie

Je suis rentrée en 2014 chez Cèdre, je suis assistante d’exploitation. J’ai complètement changé de métier et aussi d’univers. Avant, j’étais dans le prêt-à-porter. Je travaillais dans une boutique en Irlande quand j’ai appris que j’avais une spondylarthrite ankylosante. Ma vie a basculé, je ne pouvais plus faire ce métier, plus rester debout longtemps.  Je sais que cela ne se voit pas du tout mais c’est une maladie qui évolue par poussée, alors des jours ça va, d’autres sont très douloureux. On vit dans une société où souvent un handicapé, c’est un cliché, un fauteuil roulant etc. On n’explique pas aux gens ce que peut être un handicap.

Aujourd’hui, être dans une entreprise adaptée, cela me rend fière. On communique autrement, il n’y a pas de barrières, on travaille normalement, et même certaines personnes sont plus motivées qu’ailleurs.

Habib

Je suis arrivé il y a 8 ans chez Cèdre. Avant, j’ai passé plus de 20 ans dans le bâtiment. Chez Cèdre, j’ai commencé au tri, maintenant je suis chef d’équipe.

Mon handicap ? j’ai eu une méningite à 8 ans, qui m’a abîmé les oreilles. J’ai une oreille qui n’entend plus, et la 2ème est appareillée. C’est difficile de ne pas bien entendre, bien sûr ! Se concentrer, entendre un peu et beaucoup se concentrer sur les lèvres. Il y a des mots que je n’ai jamais appris. Les mots que je connais, ce sont ceux que j’ai appris à l’école, avant d’avoir ma maladie. Pourtant, je crois vraiment qu’il faut donner une chance à tous, comme on m’en a donné une à moi. Le travail ici, je le vis comme une grande chance.

Mahoud

J’ai chuté d’un arbre, à l’âge de 4 ans. C’est alors que je suis devenu sourd. C’est comme cela que mon destin, ma vie, ont changé.

Mais je ne me suis jamais dit que je ne travaillerai pas, au contraire… J’ai tout fait pour, à chaque instant.